09/03/2026
Un histoire de courage et de résilience. Un récit de césarienne sous anesthésie générale.
Le matin du 13 août 2026, tes parents ont rendez-vous à 8 h 30 à l’hôpital. C’est la journée de tes 41 semaines dans le bedon de maman. Tes parents ne sont pas certains de vouloir provoquer les choses, mais ce qu’ils souhaitent surtout, c’est que tu ailles bien. Ils partent donc avec tout ce qu’il faut pour faire ta rencontre, au cas où.
En arrivant au triage, ils sont accueillis par une infirmière. On s’installe et on écoute ton petit cœur. L’infirmière fait de grands yeux : ton cœur est plus bas que la normale. On demande au médecin de venir.
La médecin est un peu inquiète. Elle propose à tes parents de t’accueillir aujourd’hui. On installe un soluté à maman pour voir si ça va aider ton petit cœur à remonter.
Vers 9 h 50, maman est admise dans la chambre 6, la chambre Mimosa. La médecin arrive et propose de rompre les membranes. Le col de maman est à 2 cm et 80 % effacé. Papa est à l’admission. Maman l’appelle pour qu’il revienne.
Au moment où la médecin rompt la poche des eaux, c’est un véritable déluge. Hihi ! Tu étais dans une belle grosse piscine ! J’arrive à ce moment pour rejoindre tes parents.
La médecin tente d’installer un moniteur interne, car ton petit cœur descend beaucoup et l’équipe médicale veut être certaine que c’est bien ton cœur qu’elle capte et non celui de maman.
On en installe un, mais ça ne semble pas fonctionner. La médecin propose d’essayer à nouveau. Finalement, on réussit à bien capter ton petit cœur. On passe un petit moment à discuter et à rigoler.
L’infirmière et la médecin reviennent dans la chambre. Il est 10 h 16 et ton petit cœur descend beaucoup. La médecin ne comprend pas pourquoi puisque, pour le moment, maman ne ressent pas encore de contractions.
On fait faire la toupie à maman : on tourne à gauche, à droite, puis à quatre pattes. Finalement, la médecin propose de faire venir la gynécologue de garde.
À 10 h 29, la gynécologue arrive. Elle regarde le tracé. Elle n’est pas inquiète. Elle dit que tu es un petit bébé chill. Ton rythme cardiaque semble simplement être très bas de base.
Je discute avec tes parents de la possibilité que tu doives sortir par la porte de secours. On jase un peu de césarienne, juste au cas où.
Vers 10 h 50, maman commence à sentir de petites contractions par-ci, par-là.
À 11 h 05, l’infirmière vient proposer de mettre un peu de Syntocinon pour accélérer les choses. Maman n’est pas certaine de vouloir tout de suite. L’infirmière discute avec elle et maman accepte.
Maman va faire p**i.
Ça coule… Maman n’en revient pas de voir à quel point ça coule à chaque mouvement !
Vers 11 h 30, on part marcher dans le corridor. Maman a rapidement des contractions plus intenses. Ce n’est pas facile d’avancer et de marcher lorsque la vague arrive. Les contractions sont encore plus intenses au retour de la marche.
On va aux toilettes. Maman a besoin de changer sa couche puisqu’elle est remplie de liquide amniotique.
À 13 h 03, la médecin vient. Tu ne tolères pas du tout les contractions. La médecin demande qu’on arrête le Syntocinon. Les contractions sont trop fortes et il n’y a pas beaucoup de pause entre elles. Ton petit cœur fait encore des folies.
On installe maman à quatre pattes. Ça aide. Fiou !
La gynécologue est appelée pour avoir son avis.
Youpi ! 4 cm !
Tu as descendu. Tu es vraiment plus bas. La gynécologue est très encourageante et rassure tout le monde. Elle est confiante puisque le travail progresse bien.
Maman s’installe couchée sur le côté. On lui fait des points de pression. Elle est forte. Elle affronte une vague à la fois.
Après un moment, maman a envie de changer de position parce qu’elle a mal au bassin et à la hanche.
On s’installe sur le ballon. Maman a chaud. Je lui mets des débarbouillettes d’eau froide dans le cou. Ton papa lui fait des massages et des points de pression dans le dos.
Maman se laisse emporter dans le vortex de ta naissance.
Les contractions reviennent aux 2-3 minutes. C’est un moment puissant. Maman dépasse ses limites. Elle travaille fort avec toi et pour toi.
À 13 h 15, la médecin vient. Elle regarde ton petit cœur et tout semble super bien aller. Quand maman est assise sur le ballon, tu es en pleine forme, et ce, depuis le début de la journée.
Elle me fait signe qu’elle revient dans une heure.
Maman continue de faire des sons, de bouger le bassin et d’écouter son corps.
Vers 14 h 30, maman passe du ballon au lit. Elle a mal sur le ballon. Elle a un gros point qui lui fait mal sans arrêt. Tu n’aimes pas du tout le changement de position. Ton cœur descend à 76.
Je demande à l’infirmière de venir voir. La médecin et l’infirmière arrivent.
À 14 h 50, on vérifie le col : 5 cm, 90 % effacé.
On tourne maman à gauche, à droite, puis à quatre pattes. Ça aide un peu.
La gynécologue revient et vérifie elle aussi. Elle suggère fortement d’aller en césarienne. Maman est d’accord. Elle s’inquiète pour toi.
On explique à maman qu’on va prendre le temps de faire une rachianesthésie.
Finalement, ton cœur descend de plus en plus profondément et ne remonte pas. On rappelle la gynécologue, qui était partie se préparer.
La gynécologue annonce que, finalement, ce sera une P1.
À partir de ce moment-là, tout le monde s’active pour que tu puisses naître rapidement.
À 15 h 15, tes parents quittent vers le bloc opératoire.
En arrivant au bloc et sur le chemin, on entend presque plus ton cœur. Tout le monde est très inquiet.
On transfère maman de la civière à la table d’opération, tel un épisode de The Pitt. On lui arrache sa jaquette d’hôpital et on lui met une sonde urinaire à froid, à toute vitesse. On lui met un masque sur le visage.
Papa est de l’autre côté de la porte.
C’est un code P1, une césarienne d’urgence.
Ta maman accepte de s’endormir pour te sauver la vie.
Maman entend une personne lui dire : « Attention, ça pique. Tu vas t’endormir. »
Dans sa tête, maman se dit : Laisse tes yeux ouverts.
Elle avait peur qu’on la coupe sans qu’elle soit endormie.
En quelques secondes, tu es sortie.
Il est 15 h 27.
Tu vas super bien. Tu pleures tellement fort à ta sortie ! Tout le monde est rassuré.
Tu as un APGAR de 10-10-10.
On t’apporte à papa. Vous vous coller, papa est fière. Il se colle avec toi.
Maman se réveille deux heures plus t**d, en voyant flou parce qu’elle n’a pas ses lunettes. Une infirmière la rassure et lui dit que son bébé va tout à fait bien et qu’il fait du peau à peau avec papa.
Environ 20 minutes plus t**d, maman monte dans la chambre.
Et enfin, vous vous rencontrez.
Ce moment est doux. Vous aviez besoin de ce moment, tous les deux.
Belle vie à toi, petit cœur.
Sache que ta maman est forte et courageuse.
Sache qu’elle a fait un énorme sacrifice, porté par un amour infini
Caro, ta doula ❤️
Caroline Michel Doula