19/09/2024
Sur le plan démographique, peuplée aujourd’hui d’environ 40 000 âmes, la ville de Kribi a une histoire déjà très ancienne. Mais en fait, outre les pygmées qui sont les premiers habitants de la région et qui aujourd’hui se retrouvent dans de petits hameaux dans la forêt, deux ethnies, les Batanga et les Mabi constituent la population autochtone de la ville. Les lyassa ou Ndoe, Mvae, les Ewondo, Bassa, Boulou, Ngoumba et Fang, tous originaires du département de l’Océan, cohabitent pacifiquement avec d’autres populations venues de toutes les régions du Cameroun. Outre la pêche, activité séculaire, la culture du cacao est la principale activité économique depuis la période coloniale. Sur le plan historico-culturel, les premiers missionnaires et commerçants allemands débarquent à Kribi en 1889 et y pratiquent le troc de sel, de pagnes, d’ivoires, de caoutchouc... Le nom Kikiribi signifierait «petit bonhomme» et serait le nom donné par les colons à un autochtone des lieux qui était petit de taille avec des jambes arquées. Il a lui-même adopté ce nom et l’a, par la suite, transmis aux siens et à tous les habitants de Lohove. Ce nom est resté et est devenu Kribi.
Les Batanga, sous l’autorité de leur Chef le Roi MADOLA, opposèrent une résistance farouche aux Allemands. C’est ce qui explique peut-être leur exil en 1914 dans la région du sud-ouest Cameroun. C’est seulement en 1916 que les Batanga sont ramenés chez eux après avoir été massacrés, coincés entre des bombardements des alliés et les contre-attaques des allemands. Ce retour est fêté depuis plus de 91 ans dans la ville de Kribi. En effet, chaque année, le 14 février et le 9 mai, les populations Batanga commémorent le retour d’exil de leurs grands-parents à la fin de la première guerre mondiale. C’est l’occasion pour ces populations d’exposer leur art et leur culture. D’une manière générale, les habitants de Kribi et ses environs expriment leur joie, et leur tristesse à travers les rites et les danses traditionnelles dont les plus célèbres sont l’Ivanga, le Biden bi Kwassio, la danse pygmée...