10/06/2024
Wouaw ! quel éloge !
Un couple de journalistes allemands voyageant en 4 L sont passés par Chimay et ont écrit un magnifique article que je vous livre( traduction de l'allemend )
Le petit chapitre du bonheur
Entre ciel et terre / En R4 à travers la Wallonie (2)
De nouveau parti en Renault R4. TL Savane, 34 CV. Peinture couleur culotte, mais lancée à fond dans la vie colorée ! Anke Steinemann et Jens F. Meyer (livre : „ Im ersten Gang geht’s immer rauf - Mit dem R4 durch Frankreich “, éditions 360° Medien) voulaient seulement prendre des vacances, mais ils ont fait de nouvelles rencontres intenses lors de leur „ Tour R4 “ - et ils en font à nouveau profiter les lecteurs de DEWEZET. Cette fois, ce n’est pas la France, mais la Belgique. La Wallonie - complètement sous-estimée ! Il est temps de la mettre en lumière. Une expérience de voyage en deux épisodes. Aujourd’hui, deuxième partie : la bière trappiste, le cochon nommé Barney et un petit chapitre sur le bonheur.
Belgique / Wallonie. Nous rencontrons un cochon. Un cochon de carrière. En fait, Barney, né à la ferme Plume et Chon, est en train de tourner avec la superstar Kad Merad („ Bienvenue chez les Ch’tis “) pour la série télévisée „ Pamela Rose “. Barney a plus de 1000 followers sur Instagram. En ce moment même, le verrat nain, qui n’a pas l’air si nain que ça, se dandine en laisse dans sa ville natale. Chimay compte environ 10 000 habitants. Quelques centaines, peut-être plus, fêtent en ce moment le troisième „ Marché made in Chimay “ sur la Grand’Place, non sans raison, car la région de cette charmante petite ville de la province du Hainaut, située à peine à vingt kilomètres de la France, propose toutes sortes de produits extraordinaires.
Barney en fait en quelque sorte la promotion entre la Vieille Tour et la Collégiale au clocher en forme de dôme d’oignon. Ou plutôt, il tente de le faire, car Madame la propriétaire est sans cesse interpellée par des passants qui lui demandent des photos. „ Oui, faites, bien sûr, pas de problème “. Elle semble apprécier l’attention, prend la pose, s’est habituée à cette vague de curiosité. Barney s’en fiche, en tout cas il en a l’air.
Les voyageurs s’enracinent rapidement dans l’ambiance chaleureuse de Chimay. Des ruelles escarpées mènent à la ville haute et à son château, et de là, à la découverte des vieux murs. Les petits jardins sont endormis, le brouillard s’élève le matin au-dessus des maisons des siècles passés et le soleil s’y couche le soir. Pas nous pour l’instant, nous restons éveillés. Le soir, lorsque les derniers stands de la fête sont démontés, Chimay se met à scintiller de manière délicieuse. Devant le bar The Queen Mary, dans la Grand’Rue, les bières trappistes de la ville brillent dans certains calices menaçants, et sur la Grand’Place, devant le restaurant La Planche Du Cuistot, elles font de même. La Chimay fait connaître „ sa “ ville dans toute l’Europe.
Elle est brassée à l’abbaye Notre-Dame de Scourmont, non loin de là. La bière, en Belgique souvent un produit profondément laïque avec une bénédiction céleste. Mais attention : la „ dorée “ peut encore passer pour une „ légère “ avec un volume d’alcool de 4,8 pour cent, mais la „ blanche “ a déjà huit tours et la „ 150 “, avec ses dix pour cent, envoie les buveurs occasionnels inexpérimentés - et ah, l’occasion est bonne - dans un profond, profond sommeil.
Une sieste qu’il peut savourer de la plus belle des manières chez Brigitte Macq et Guy Devresse, dans les chambres d’hôtes „ Le Petit Chapître “. „Une chambre d’hôtes est un lieu d’échange. Il y a des prestataires qui l’oublient. Ce n’est pas notre cas. Pour Guy et moi, la communication avec nos hôtes est essentielle. Nous voulons qu’ils se sentent bien, nous voulons leur offrir un bon moment de détente“, explique Brigitte. On la croit sur parole, maintenant que son Guy attentionné pose avec un sourire inaltéré des toasts belges sur la table du salon, où d’autres clients de la pension de quatre chambres du centre chimay se lèchent déjà les doigts de plaisir. Des bougies, placées dans de grands chandeliers, jettent une lumière douce sur les confitures de la maison et la vaisselle raffinée. Le café noir fume dans des cafetières en argent, le pain aux vermicelles de sucre brille de manière alléchante, „ et même les Anglais font l’éloge de notre porridge aux fruits fait maison “, s’amuse Guy. Pendant ce temps, Brigitte pose le fromage de Chimay sur la table, une autre délicatesse de la région. Le Petit Chapître écrit à chaque geste des vers dorés du bonheur, même là où les rêves flottent, comme dans la chambre Coton aux lourds rideaux, avec vue sur la place et meublée de vieux meubles massifs qui font voyager nos pensées à travers les siècles, lorsque nous savourons la légèreté de l’être dans la baignoire éclairée. C’était le cas hier soir. Charmant.
Ce matin, la dernière bouchée de fromage grignotée parce que Brigitte n’a pas lâché l’affaire, le chant du quatre cylindres résonne à nouveau. Un petit nuage bleu s’élève, Brigitte et Guy nous font signe dans le rétroviseur ; nous démarrons, les routes de Wallonie suscitent la curiosité. Où mènent-elles ?
Vers l’est aujourd’hui. Vers l’ouest, ce serait la France. Nous prenons donc la piste de la magie d’une Wallonie qui, à l’écart de la route nationale 99 qui n’est pas non plus exempte de cahots, emprunte d’étroites routes de rafistolage et traverse des villages authentiques comme Boussu-en-Fagne et Fagnolle, où les ruines du château dormant sont si ruinées qu’elles ont certes été marquées de trois points blancs dans l’atlas du Benelux, mais ne valent pas un panneau indicateur ici, dans le village. Il se trouve comme les petites merveilles de ces villages : caché.
Que Matagne-la-Grande soit suivie de Matagne-La-Petite, ah, c’est mignon ! Des maisonnettes de l’ancien temps se blottissent sous un ciel gris et lourd, tandis que des bâtiments ultramodernes, avec une nonchalance effrontée, prennent un air venimeux par leurs fenêtres étroites, comme s’ils voulaient effacer l’histoire de ces villages au profit de projets d’économie d’énergie mal intentionnés.Souvent, un clocher d’église jaillit du milieu de cet isolement dans l’infini au-dessus de nous.
Les forêts des Ardennes au loin, leur aura rayonne jusque loin dans le pays, et à peine la brave petite Renault-Evergreen a-t-elle atteint la Meuse qu’un panneau indique que nous sommes de retour en France.
Expérience frontalière à Hierges.Comment cela se fait-il ?Le pays voisin s’enfonce ici comme une épine dans la Wallonie, une épine qui ne laisse aucune blessure ; c’est l’Europe par excellence !Au-dessus de cette commune de 165 habitants, un château plus des ruines trône respectueusement ; s’il n’était pas une propriété privée, le voyageur aurait immédiatement envie de le conquérir.Quelques dizaines de kilomètres plus loin, de nouveau en Belgique, c’est possible : le Château de Vêves est une forteresse au charme exceptionnel.Il se dresse de manière chevaleresque sur une hauteur de la vallée.Un exemple parfait d’architecture militaire massive du 15e siècle, bien que les fondations remontent déjà à l’an 650.
Les pneus étroits de la R4 s’enfoncent à nouveau dans l’asphalte.Châteaux, ruines de châteaux, paysages, villages, hameaux, habitants - la Wallonie déploie sa magie à multiples facettes. Nous avons de la chance ! Ou plutôt de la chance : Cochon. Amitiés à Barney ...