02/02/2026
Vous connaissez déjà bien l’histoire de La Pénéloppe, le naufrage à l’origine du nom Pointe-à-la-Frégate.
Nous partageons ici un texte rédigé par l’historien Jean-Marie Fallu, qui apporte un éclairage plus détaillé sur cet événement marquant :
La tragédie de la frégate Penelope, 1815
Dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1815, la frégate britannique H.M.S*. Penelope s’éventre sur des récifs. Cette tragédie sera ainsi à l’origine du nom de la localité de Pointe-à-la-Frégate. (*His Majesty's Ship)
Le navire, chargé de 36 canons, transporte des soldats britanniques au Canada, et ce, à la fin des guerres napoléoniennes. Sur les 274 hommes d’équipage, 40 perdent la vie.
Dans son rapport du 23 mai 1815, le capitaine Galloway retrace le déroulement du naufrage. (Extraits de son récit en traduction libre.)
« Le 1er mai. Tôt au matin, mon navire fut éventré par une pointe à demi submergée par les flots. L’équipage a essayé tant bien que mal de contenir l’inondation de la cale, mais en vain. Des canots de sauvetage ont été immédiatement lancés à l’eau. Quelques hommes ont rejoint la rive !
« Il fut extrêmement difficile de supporter les hurlements des matelots ayant resté à bord la nuit passée. Nul ici, n’avait la force d’aller les aider, ce qui, de toute évidence, nous aurait conduits à la mort.
« Les quelques hommes d’équipage ayant péri dans le naufrage furent enterrés là où nous avons pu trouver une terre facile à creuser pour recevoir leur sépulture.
« Le 2 mai. À l’aide de branches et de couvertures, trouvées le long du rivage, nous avons pu construire quelques huttes de secours. Quelques morceaux de porc et de caisses de vin ont survécu au naufrage ; nous en ferons bon usage !
« Le 4 mai. Nous reçûmes l’aide d’un bateau de pêcheurs canadiens qui nous a conduits à Gaspé. »
Lors du naufrage, à part le courrier, rien n’a pu être sauvé des restes du Penelope. Par ailleurs, deux canons du vaisseau furent récupérés à l’Anse aux Canons par les gens de l’endroit.
En 1890, l’un des canons récupérés, le plus gros, sera nettoyé et installé sur un affut par les paroissiens afin de saluer l’arrivée de l’évêque, Mgr André-Albert Blais, lors de sa première visite pastorale à Cloridorme. Ce canon fait maintenant partie d’un parc commémoratif situé à Pointe-à-la-Frégate, lieu où se déroula la tragédie de 1815.
• Jean-Marie Fallu, historien et auteur, juillet 2025.