05/03/2026
Il y a des messages qu’on repousse parce qu’on ne veut pas qu’ils deviennent vrais. Même si ça fait techniquement 1 mois et demi que ça l'est.
Aujourd’hui, je dois annoncer que L’Atelier du Plaisir, tel que vous l’avez connu, n’existe plus.
Le donjon ferme.
J’écris ces mots avec le cœur complètement arraché. Ce lieu, ce n’était pas seulement des murs, des meubles, des cordes, du latex, du cuir, des lumières tamisées et des accessoires. C’était mon bébé. C’était une partie de moi que j’avais construite avec mes mains, mon énergie, mes rêves, mes peurs, mes nuits blanches, mes économies, mon courage et toute la foi que j’avais dans ce projet.
C’était un endroit où des gens ont osé entrer dans une partie d’eux-mêmes qu’ils n’avaient parfois jamais montrée à personne. Un endroit où des personnes sont arrivées nerveuses, curieuses, intimidées, et sont reparties plus libres, plus assumées, plus vivantes. Un endroit où des rires, des silences, des tremblements, des confidences, des premières fois, des retrouvailles et des transformations ont eu lieu.
Pour moi, ce lieu avait une âme.
Chaque coin avait une histoire. Chaque objet avait été choisi avec intention. Chaque événement, chaque atelier, chaque rencontre portait une partie de ma vision : créer un espace sécuritaire, beau, intense, éducatif, vivant, où le kink et le B**M pouvaient exister avec respect, humanité, sensualité et profondeur.
Perdre cet espace, c’est plus qu’une fermeture.
C’est comme me faire arracher quelque chose que j’avais planté directement dans ma poitrine.
Je suis en deuil.
En deuil d’un lieu.
En deuil d’une version de mon rêve.
En deuil de ce que j’avais imaginé pour la suite.
En deuil de tous les moments qui n’auront pas lieu entre ces murs.
Et en même temps, je veux dire merci.
Merci à toutes les personnes qui sont venues.
Merci à celles qui ont fait confiance.
Merci à celles qui ont franchi la porte avec vulnérabilité.
Merci à celles qui ont ri, appris, exploré, joué, pleuré, respiré, découvert.
Merci à celles qui ont respecté l’espace comme quelque chose de précieux.
Merci à celles qui ont compris que ce lieu n’était pas seulement un “donjon”, mais un refuge, un laboratoire, une scène, une classe, un sanctuaire, un terrain de jeu et parfois même un point tournant.
Je ne sais pas encore exactement à quoi ressemblera la suite.
Je sais seulement que ce que j’ai créé là ne disparaît pas complètement, parce que ce n’était pas uniquement dans les murs. C’était aussi dans les liens, dans les apprentissages, dans les traces laissées chez les gens, et dans la partie de moi qui refuse de laisser mourir cette vision.
Mais aujourd’hui, je ne vais pas faire semblant que ça ne fait pas mal.
Ça fait mal.
Terriblement.
Je perds mon donjon.
Je perds mon bébé.
Je perds un morceau de mon cœur.
Et je voulais simplement vous l’annoncer avec toute la vérité, toute la tendresse et toute la peine que ça porte.