26/08/2026
LETTRE OUVERTE — Préservons ensemble un tourisme réellement à taille humaine
Au Miramont Horse Trekking Hostel, nous avons fait le choix d’un tourisme à taille humaine.
Un tourisme où l’on connaît encore le prénom de ses clients.
Où l’accueil ne se résume pas à une procédure.
Où derrière une chambre, un repas, une activité ou une expérience, il y a des femmes et des hommes, un territoire, des producteurs, des artisans, des collaborateurs et beaucoup de passion.
C’est précisément parce que nous croyons profondément à ce modèle que nous souhaitons aujourd’hui partager une réflexion qui dépasse largement les portes du Miramont.
- Comment préserver durablement les petites structures touristiques indépendantes qui font la richesse et l’identité de nos régions ?
- Le tourisme à taille humaine repose sur des réalités très concrètes
Lorsque vous entrez dans une petite auberge, un hôtel indépendant, un restaurant familial, une chambre d’hôtes ou un établissement comme le nôtre, vous voyez naturellement ce qui constitue l’essentiel de l’expérience :
l’accueil, les chambres, les repas, les activités, les rencontres et les moments partagés.
Mais derrière cette simplicité apparente existe aujourd’hui une organisation devenue extrêmement complexe.
Il faut accueillir les clients, gérer les réservations, organiser les équipes, effectuer les achats, entretenir les bâtiments et les équipements, respecter les exigences de sécurité, assurer la comptabilité, répondre aux administrations, gérer les assurances, communiquer, administrer les réseaux sociaux et les sites internet…
Et parallèlement, les plateformes, logiciels, systèmes de réservation, procédures administratives, normes et outils numériques se multiplient.
Chacun d’entre eux peut avoir sa raison d’être.
Chacun, pris séparément, peut même sembler relativement simple à gérer.
C’est leur accumulation qui mérite aujourd’hui une véritable réflexion.
- Car le temps n’est pas une ressource illimitée
Une grande entreprise peut disposer d’un service informatique, d’un département marketing, d’un service juridique, d’une équipe administrative ou de spécialistes des ressources humaines.
Dans une petite structure indépendante, les mêmes personnes remplissent souvent plusieurs de ces fonctions… tout en continuant à accueillir les clients.
Et chaque heure consacrée à administrer un nouveau système est une heure qui ne peut pas être consacrée ailleurs.
À améliorer une chambre.
À préparer une nouvelle activité.
À travailler avec les producteurs locaux.
À former un collaborateur.
À entretenir les infrastructures.
Ou tout simplement…
"à être présent auprès de nos clients."
Et c’est précisément cette présence humaine que nous souhaitons préserver.
Un paradoxe mérite donc d’être posé
Nous parlons beaucoup, et à juste titre, de tourisme authentique, durable, local et à taille humaine.
Nous encourageons les visiteurs à découvrir des établissements indépendants, des producteurs locaux, des restaurants familiaux et des lieux qui possèdent une véritable identité.
Ces établissements participent directement au caractère et à l’attractivité d’une région.
Mais parallèlement, leur environnement administratif, réglementaire, commercial et numérique devient toujours plus complexe.
Si nous voulons préserver un tourisme à taille humaine, nous devons aussi préserver les conditions permettant à ceux qui le font vivre de consacrer leur énergie à leur véritable métier.
Le numérique doit rester un outil
Soyons très clairs : il ne s’agit pas de refuser la modernité.
Les outils numériques sont indispensables.
Les plateformes peuvent apporter de la visibilité.
Les systèmes de réservation facilitent énormément certaines démarches.
La digitalisation offre des possibilités extraordinaires aux petites entreprises.
Mais nous pensons qu’un principe simple devrait toujours guider leur développement :
un outil constitue un véritable progrès lorsqu’il simplifie le travail ou apporte une valeur suffisamment importante pour justifier le temps et les ressources qu’il demande.**
Le numérique devrait être au service de l’humain.
Et non l’inverse.
Peut-être devons-nous aussi mesurer autrement la réussite touristique
Nous parlons souvent du nombre de visiteurs, du nombre de nuitées ou de la fréquentation d’une destination.
Ces indicateurs sont évidemment importants.
Mais peut-être pourrions-nous également nous demander :
Combien de temps les professionnels peuvent-ils réellement consacrer à leurs clients ?
Les petites structures peuvent-elles encore investir dans l’amélioration de leur accueil ?
Peuvent-elles développer de nouvelles prestations ?
Peuvent-elles continuer à travailler avec des fournisseurs et producteurs locaux ?
Les outils mis à leur disposition leur font-ils réellement gagner du temps ?
Et surtout :
leur environnement leur permet-il encore d’exercer pleinement le métier qu’ils ont choisi ?**
Derrière une petite entreprise touristique, il y a tout un territoire
Lorsque vous choisissez une auberge indépendante, un petit hôtel, un restaurant familial ou une activité locale, votre dépense ne s’arrête pas à la porte de l’établissement.
Elle contribue également à faire travailler des collaborateurs, des artisans, des producteurs, des fournisseurs et d’autres entreprises de proximité.
Ces petites structures participent aussi à la vie sociale de nos villages et de nos régions.
Elles entretiennent des bâtiments.
Elles créent des emplois.
Elles organisent des événements.
Elles accueillent les visiteurs.
Elles racontent leur territoire.
Et bien souvent, elles lui donnent une partie de son identité.
Au Miramont, nous voulons continuer à défendre cette manière d’accueillir
Nous croyons aux rencontres.
Nous croyons aux expériences authentiques.
Nous croyons aux établissements qui ont une personnalité, une histoire et parfois même quelques imperfections qui font leur charme.
Nous croyons surtout qu’un client ne devrait jamais devenir simplement un numéro de réservation.
La technologie doit nous permettre de mieux vous accueillir, pas de remplacer la relation que nous avons avec vous.
C’est pourquoi, lorsque de nouveaux outils, plateformes ou dispositifs nous sont proposés, nous souhaitons désormais nous poser systématiquement une question très simple :
Quelle valeur réelle cet outil apporte-t-il à nos clients et à notre établissement par rapport au temps et aux ressources nécessaires pour le gérer ?
Ce n’est pas un refus de l’évolution.
Bien au contraire.
C’est une volonté de choisir une évolution qui conserve l’humain au centre.
Ouvrons simplement la discussion
Cette lettre ouverte n’est dirigée contre aucune institution, aucune plateforme et aucun acteur particulier.
Elle n’est pas davantage un appel à revenir en arrière.
C’est simplement une invitation à réfléchir ensemble à l’avenir du tourisme indépendant.
Professionnels du tourisme, organismes régionaux, collectivités, partenaires, habitants et visiteurs ont probablement tous une partie de la réponse.
Peut-être que la prochaine grande innovation touristique ne sera d’ailleurs pas nécessairement un nouvel outil.
Elle pourrait aussi être davantage de simplification, de coordination, de dialogue et d’écoute du terrain.
Car derrière les statistiques, les plateformes et les stratégies touristiques, il existe finalement quelque chose de très simple :
des personnes qui accueillent d’autres personnes.
Et nous souhaitons que cela reste encore longtemps le cœur de notre métier.
Alors continuons à développer nos destinations, à les faire connaître et à accueillir de nouveaux visiteurs.
Mais faisons-le sans perdre ce qui constitue probablement l’une de leurs plus grandes richesses :
les femmes et les hommes qui font vivre, chaque jour, un tourisme authentique, indépendant et réellement à taille humaine.
David Faessler
Miramont Horse Trekking Hostel
Saicourt