05/12/2017
[L’objet du mois - Dieu ou prêtre ?]
Il ne reste presque rien de la statuaire en marbre qui devait se trouver en abondance dans les édifices publics, les sanctuaires et les maisons aisées de Gaule romaine : après la période antique, elle a presque totalement disparu dans des fours à chaux. Cette petite tête en marbre est un vestige rare de ce type de décor luxueux. Elle a été découverte en 1976 dans les décombres d'un lieu de culte où l'on vénérait des divinités orientales, en particulier Cybèle. Cybèle personnifiait la force reproductrice de la nature. Elle était vénérée sous les noms de Grande Mère ou Mère des dieux. Depuis l'époque grecque elle avait été assimilée à Rhéa, la mère des grands dieux de l'Olympe. Cybèle avait été importée dans le monde gréco-romain depuis la Phrygie, l'une des régions de la presqu'île anatolienne (actuelle Turquie). Elle a eu un amant, le berger Attis, qui fut divisé après sa mort et honoré à ses côtés. En souvenir de son origine phrygienne, Attis était toujours représenté coiffé d'un bonnet de forme particulière propre à la Phrygie et au Proche Orient selon la tradition antique. Le même "bonnet phrygien" était aussi porté par les prêtres -appelés "galles"- attachés au culte de Cybèle et d'Attis. Même s'il n'est pas possible de savoir si cette tête a appartenu à une petite statue d'Attis ou à celle d'un prêtre galle, sa grande qualité témoigne du luxe des sanctuaires d'Alésia à l'époque gallo-romaine. C'est aussi un indice de la préciosité des offrandes que pouvaient faire certains fidèles. Le lieu de fabrication de cette statuette n'est pas connu. Elle a sans doute été produite dans un atelier spécialisé qui a pu être situé assez loin d'Alésia.
Tête masculine. Marbre blanc. Seconde moitié du IIe siècle après J.-C. (?). Musée Alésia, fonds de la Société des Sciences de Semur-en-Auxois (inv. n° 2006.3.1).
H : 14,7 cm