01/09/2026
Quand l’amour traverse le voile
Il y a des pertes ,
qui ne ressemblent, à aucune autre.
Des pertes , qui ne se racontent ,
pas vraiment, parce que les mots,
même les plus beaux, restent trop petits,
devant l’impensable.
Et puis , il y a ces moments où,
le divin se mêle, au sacré.
Où la vie, rencontre la mort.
Où l’amour d’une mère, se heurte à l’absence,
de son fils.
Où l’attachement d’une sœur,
doit soudain apprendre , à exister,
sans la présence de son frère.
Où une famille entière, découvre qu’il existe, des douleurs , que personne ,
ne vous apprend , à traverser.
Alors, quelque chose , se brise.
Pas seulement , un cœur.
Pas seulement, une histoire.
C’est une certaine manière d’être , au monde.
Parce qu’après , une telle perte,
on ne revient pas , simplement , à soi.
On ne « tourne pas la page ».
On ne « passe pas à autre chose ».
On avance, oui. Mais , autrement.
Il y a , un avant.
Et il y a , un après.
Et entre les deux, il y a cet instant suspendu,
où tout ce que l’on croyait savoir , de la vie, s’effondre.
Le deuil , est parfois cela :
Apprendre à respirer , dans un monde qui,
continue de tourner , alors que, pour nous,
quelque chose , s’est arrêté.
Les jours , passent.
Les saisons, changent.
Les gens, rient, travaillent,
partent, en vacances, font, des projets.
Et pourtant, quelque part, en nous, une chaise, reste vide.
Une voix , manque.
Un regard , manque.
Une présence, manque.
Et cette absence, a une forme.
Elle s’invite , dans les silences,
dans une chanson, dans une odeur,
dans une date, dans un prénom, prononcé,
trop vite.
Elle surgit , sans prévenir.
Il y a, les larmes.
Les , peines.
Les, colères , parfois.
Les , « pourquoi ? ».
Les , « si seulement… ».
Les, failles.
Les , déchirures.
Et puis , ces cicatrices , que l’on ne voit pas, mais qui racontent, tout.
Pourtant, au cœur même, de cette douleur,
il existe, quelque chose que,
la mort , ne parvient pas, à emporter.
L’amour.
L’amour, ne disparaît pas ,
avec le dernier souffle.
Il change, de maison.
Il quitte, les bras, pour entrer , dans la mémoire.
Il quitte, les yeux , pour habiter , le cœur.
Il quitte , le quotidien , pour rejoindre, l’invisible.
Peut-être , est-ce cela, finalement, ce que nous appelons , le voile.
Une frontière que ,
nous ne savons pas franchir, mais derrière laquelle, nous continuons , d’aimer.
Parce que l’absence , n’est pas le contraire ,
de la présence.
Parfois, elle est , une autre façon ,
de la ressentir.
Il y a des êtres que, nous ne pouvons plus toucher, mais que nous continuons,
à rencontrer.
Dans , une pensée.
Dans, un rêve.
Dans, un geste, que nous reproduisons ,
sans même nous en rendre compte.
Dans une phrase, qui nous revient.
Dans une lumière particulière,
au milieu d’une journée , ordinaire.
Et soudain, pendant quelques secondes,
le manque , se transforme.
Il devient , douceur.
Comme si quelque chose , nous disait :
Je ne suis plus là, comme avant.
Mais , je ne suis pas , absent de tout.
Alors, peut-être , qu’il ne faut pas chercher,
à se remettre de tout.
Parce que certaines choses, ne sont pas faites, pour être réparées.
Elles sont faites, pour être intégrées.
On ne guérit pas , forcément ,du grand amour, que l’on a perdu.
On apprend , à vivre , avec sa grandeur.
On ne se remet pas ,complètement ,
de la disparition d’un fils, d’un frère, d’un être aimé.
On apprend, lentement, à porter son absence, sans laisser son amour disparaître avec elle.
Et un jour, sans savoir exactement quand,
on recommence à sourire.
Puis , à rire.
Puis , à avoir envie.
Puis, à faire des projets.
Et cela, ne signifie pas , que l’on oublie.
Cela signifie ,simplement ,que la vie trouve une nouvelle porte d’entrée.
On avance , avec une partie de soi , qui a été transformée, à jamais.
Comme , un reset intérieur.
Quelque chose , s’est réinitialisé, oui,
mais pas pour revenir , à zéro.
Pour devenir, autre.
Une version de soi , que l’on n’aurait jamais, choisie, mais que la vie , nous a demandé ,
de rencontrer.
Plus fragile , peut-être.
Mais aussi , plus profonde.
Plus consciente, de la beauté.
Plus sensible , à l’essentiel.
Plus attentive , aux vivants.
Plus proche, de ce qui ne se voit pas.
Une perte , comme celle-ci ,
change notre regard.
Elle nous rappelle , que rien n’est acquis.
Que nos « je t’aime » ne devraient pas toujours attendre , demain.
Que les bras , devraient parfois , serrer plus fort.
Que les paroles importantes , méritent , d’être dites.
Que derrière chaque personne ,
que nous croisons, peut se cacher , un monde entier de blessures, de combats, d’espérance et d’amour.
Alors oui, la vie , ne sera plus jamais comme avant.
Et peut-être faut-il cesser de lui demander ,
de le redevenir.
La vie d’après , ne sera pas moins vraie.
Elle sera , différente.
Avec une place , pour le manque.
Une place , pour les souvenirs.
Une place , pour les larmes.
Mais aussi , une place, pour la joie.
Parce que rire , à nouveau, n’est pas trahir, celui qui est parti.
Aimer encore , n’est pas oublier.
Être heureux, parfois ,n’efface aucune douleur.
Au, contraire.
C’est peut-être, la plus belle manière ,
de continuer à faire vivre , l’amour.
Alors, à toi qui portes cette absence,
à toi qui as perdu un fils, un frère, un enfant,
un morceau de ton histoire :
ne te demande pas combien de temps ,
il faudra pour aller mieux.
Il n’y a pas de calendrier , pour l’amour.
Il n’y a pas de date d’expiration,
pour le manque.
Il y a seulement , ce chemin étrange,
parfois doux, parfois brutal, où l’on apprend, peu à peu, à vivre avec ce qui , ne changera, jamais.
Et peut-être, qu’au bout de ce chemin,
on ne découvre pas , comment oublier.
On découvre , comment aimer autrement.
Comment continuer à aimer quelqu’un ,
que l’on ne peut plus serrer , contre soi.
Comment faire de son absence , une présence intérieure.
Comment transformer , une blessure en mémoire.
Comment laisser les cicatrices , devenir ,
non pas, les preuves de notre faiblesse, mais, les traces magnifiques , de tout,
ce que nous avons, profondément aimé.
Et peut-être, qu’un jour, dans un silence,
dans une lumière, dans un souffle,
nous sentirons , quelque chose.
Pas , une réponse.
Pas , une explication.
Juste , une paix.
Infime.
Fragile.
Mais, réelle.
Et nous comprendrons ,alors ,
que certains liens , ne meurent pas.
Ils changent , de dimension.
L’amour, lui, n’a jamais eu besoin ,
de corps , pour exister.
Il n’a pas besoin , de tombe.
Il n’a pas besoin, de distance.
Il n’a même pas besoin , de mots.
Il, traverse.
Il, demeure.
Il veille ,parfois, en silence.
Et de l’autre côté du voile, peut-être que ceux,
que nous avons tant aimés ,
ne nous demandent pas , de rester ,
dans la douleur.
Peut-être , nous soufflent-ils , simplement :
Vis.
Vis , pour moi.
Aime, pour moi.
Ris , encore.
Respire.
Danse , parfois.
Regarde, le ciel.
Embrasse , ceux , qui sont là.
Et lorsque, mon souvenir , te fera mal, laisse-le, te faire mal.
Mais, lorsque mon souvenir , te fera sourire, surtout…
Souris.
Parce que , je ne suis pas ,seulement,
la personne que tu as perdue.
Je suis aussi, tout l’amour , que nous avons partagé.
Et cet amour-là,
personne,
jamais,
ne pourra ,vous l’enlever.
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Valérie Mesplou...
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