26/03/2020
Le dodo du grand bleu... pour combien de temps ?
Certains diront que c'était prévisible ou que c'est normal mais moi je ne comprends toujours pas...
Donc, je me rendais sur la grève du Styvel à Camaret où mon bateau 'le grand bleu' est échoué pour y faire des travaux et le préparer pour la belle saison. Les gendarmes m'ont verbalisé pour ne pas avoir respecté les consignes. Quelles consignes ? Le confinement depuis le 17 mars (jour de mon anniversaire). Je ne suis pas sortie de la maison sauf dimanche pour ramener le bateau de la cale au Styvel car l'étrave devait être r***e par un charpentier (chantier interrompu), opération vue par les gendarmes.
Donc j'ai dit que je faisais des travaux pour le préparer, je suis professionnelle et j'exerce mon métier. "Votre métier est de donner des cours de voile et pas de bricoler", me dit l'agent. Je lui répond qu'il faut bien préparer le bateau avant pour pouvoir donner des cours de voile, surtout un vieux gréement. "Non", me répond-il, "vous n'exercez pas votre activité professionnelle. De plus, votre bateau est sur le port Vauban et pas au Styvel, n'avez donc rien à faire là, je vous verbalise de 135 euros et je ne veux plus vous voir dans les parages sinon l'amende sera doublée." (375 euros ?)
Je me pose la question : si je ne suis pas reconnue comme professionnelle, c'est parce que je suis une femme sur un vieux gréement ?
Non, je dois délirer, le problème n'est pas là et il me paraît finalement bien plus grave.
C'est probablement parce que cette activité fait partie des loisirs, mon métier de monitrice de voile ne sert à rien sauf à divertir au moment des vacances. Et, en ces temps difficiles, ma remise en question est déjà forte sur ces choix professionnels tournés vers le tourisme : quelle est ma part de contribution à la bonne marche de la société ?
Mais le métier est plaisant malgré les inconvénients tels que la saison déjà très courte qui ne permet pas d'en vivre toute l'année, je dois d'ailleurs exercer un deuxième métier tout aussi aléatoire quant aux revenus et lui aussi à l'arrêt suite au confinement.
Continuer à préparer le bateau me permettait d'amortir les dégâts de cette période critique, d'autant plus que, entretenir un bateau seule sur la grève me semble répondre aux principes du confinement imposé. L'interdiction d'accès au littoral parait tellement contradictoire avec l'autorisation de se battre dans le supermarché pour obtenir les derniers rouleaux de PQ ;)
Amis facebook, j'espère quand même que la solidarité en presqu'île m'informera de tout problème survenant au grand bleu pendant cette période de confinement. De mon côté, je peux aussi aider à mon petit niveau.
Brigitte