07/08/2026
ÉCLIPSE SOLAIRE DU 12 AOÛT 2026
Quand la mécanique céleste nous offre un spectacle exceptionnel
Mercredi 12 août 2026, le Soleil va presque disparaître du ciel en pleine soirée.
Ce jour-là, une éclipse totale de Soleil traversera une partie de l’hémisphère Nord. La totalité sera observable dans une bande relativement étroite passant notamment par le nord de la Russie, le Groenland, l’Islande, l’Espagne et une toute petite partie du Portugal. En France métropolitaine, l’éclipse ne sera pas totale, mais elle sera partielle et particulièrement spectaculaire, avec une très grande partie du disque solaire occultée.
Mais au fait, comment une éclipse solaire est-elle possible ?
Une éclipse de Soleil se produit lorsque la Lune passe entre la Terre et le Soleil, au voisinage de la nouvelle Lune, et que les trois astres sont presque parfaitement alignés.
Pourtant, il n’y a pas d’éclipse chaque mois. Pourquoi ? Parce que l’orbite de la Lune est inclinée d’environ 5° par rapport au plan de l’orbite terrestre. Pour qu’une éclipse se produise, la nouvelle Lune doit donc se trouver suffisamment près de l’un des points où son orbite croise ce plan : les fameux nœuds lunaires.
Lorsque cet alignement est suffisamment précis, la Lune projette son ombre vers la Terre :
dans l’ombre, le Soleil peut être entièrement masqué : c’est l’éclipse totale ;
dans la pénombre, une partie seulement du Soleil disparaît : c’est l’éclipse partielle.
Et le 12 août 2026 ?
À l'échelle de la planète, l'éclipse commencera vers 15 h 34 UTC, atteindra son maximum vers 17 h 46 UTC, puis s'achèvera vers 19 h 58 UTC. La « grandeur » maximale calculée par l’IMCCE est de 1,03994, ce qui signifie que, sur la ligne centrale, le diamètre apparent de la Lune sera légèrement supérieur à celui du Soleil : la totalité sera donc bien réelle.
Dans la majeure partie de la bande de totalité, le Soleil sera complètement masqué pendant moins de deux minutes ; près du centre de la trajectoire, la totalité pourra dépasser légèrement deux minutes, tout en restant inférieure à deux minutes trente.
En France : presque la totalité… mais pas tout à fait
La France métropolitaine restera dans la pénombre lunaire : nous observerons donc une éclipse partielle.
Et elle sera impressionnante : selon les régions, environ 90 % à plus de 99 % de la surface apparente du Soleil pourra être masquée. Le maximum interviendra généralement entre 20 h 14 et 20 h 27, avec un Soleil déjà très bas sur l’horizon ouest.
En Vendée, aux Sables-d’Olonne, l’occultation devrait atteindre environ 96,5 % vers 20 h 22, alors que le Soleil ne sera plus qu’à environ 9° au-dessus de l’horizon. Autrement dit : pour en profiter, il faudra impérativement disposer d’un horizon ouest à nord-ouest très dégagé.
Ce que l’on peut observer pendant une éclipse
Une éclipse n’est pas seulement un disque noir passant devant le Soleil.
À l’approche de la totalité, la luminosité ambiante devient étrange, les ombres se durcissent et la température peut commencer à diminuer. Dans la bande de totalité, les derniers rayons solaires peuvent apparaître entre les reliefs lunaires sous forme de grains de Baily, puis la photosphère disparaît et laisse apparaître la spectaculaire couronne solaire, atmosphère externe du Soleil habituellement noyée dans son éclat. La chromosphère et certaines protubérances peuvent également devenir visibles.
La baisse rapide de luminosité peut même provoquer des modifications temporaires du comportement de certains oiseaux et insectes, qui réagissent comme si la nuit approchait.
ATTENTION : observer une éclipse peut être dangereux pour les yeux
C’est probablement l’information la plus importante à retenir.
Des lunettes de soleil, même très foncées, ne protègent absolument pas suffisamment la rétine.
Pour regarder directement le Soleil, il faut utiliser des lunettes spéciales pour éclipses conformes à la norme internationale ISO 12312-2. Et puisque l’éclipse restera partielle en France, ces lunettes devront être conservées pendant toute l’observation : il n’y aura aucun moment où il sera possible de regarder directement le Soleil sans protection.
Même précaution pour les appareils photo, jumelles et télescopes : un filtre solaire adapté doit être installé devant l’objectif. Regarder le Soleil à travers un instrument optique avec de simples lunettes d’éclipse peut provoquer de graves lésions oculaires, car l’instrument concentre le rayonnement solaire.
À retenir
Le 12 août 2026, nous ne verrons donc pas seulement « la Lune passer devant le Soleil ». Nous observerons en direct la conséquence d’une mécanique céleste extrêmement précise : trois astres en mouvement, séparés par des centaines de milliers ou des millions de kilomètres, qui se retrouveront presque parfaitement alignés depuis notre point de vue terrestre.
Et depuis la côte vendéenne, avec un Soleil éclipsé à plus de 96 % descendant vers l’Atlantique, le spectacle promet d’être particulièrement saisissant.
Rendez-vous mercredi 12 août, autour de 20 h 20… avec les bonnes lunettes et un horizon parfaitement dégagé.
Sources scientifiques : NASA Science, IMCCE / Laboratoire Temps Espace – Observatoire de Paris PSL, Agence spatiale européenne (ESA).