28/07/2026
S'adapter ou renoncer ?
Après trois canicules en deux mois, et la quatrième qui s'annonce, des pluies diluviennes et des épisodes de grêle comme je n'en avais jamais connus ici, j'ai compris une chose : si je voulais continuer à produire des légumes, je ne pouvais plus jardiner comme avant.
J'avais deux options : jeter l'éponge... ou m'adapter.
Comme je suis plutôt têtue, j'ai choisi la deuxième. 😊
Ces derniers jours, j'ai donc entièrement repensé une partie du potager pour créer une structure capable d'ombrer les cultures, de faire baisser la température au niveau des légumes et de limiter autant que possible les rayons brûlants du soleil, tout en laissant suffisamment de lumière pour assurer leur croissance.
Pour cela, j'ai essayé de réutiliser au maximum ce que nous avions déjà.
L'ancienne armature métallique d'un garage que mes parents n'utilisaient plus est devenue une structure pour les futures plantes grimpantes.
Trois pergolas en bois sont venues compléter l'ensemble. L'investissement principal n'a finalement pas été les pergolas elles-mêmes, mais les ancrages métalliques qui permettront à la structure de résister au vent.
Pour relier le tout, nous avons utilisé... nos bouleaux.
Pendant des années, on m'a souvent dit : « Il faudrait les couper, ils envahissent le terrain. »
Je répondais toujours : « Un jour, je leur trouverai une utilité. »
C'est maintenant chose faite.
Marc les a coupés, les chèvres ont d'abord dégusté toutes les feuilles, et l'écorce, puis nous avons récupéré les troncs pour fabriquer les supports reliant les différentes structures. Les bouleaux envahissants ont finalement été utiles deux fois.
En attendant que les plantes grimpantes prennent le relais, j'ai utilisé deux solutions.
Sur l'ancienne structure métallique, j'ai installé un voile d'ombrage à maille, conçu pour filtrer la lumière tout en laissant passer environ 50 % du rayonnement solaire et la pluie. En théorie, c'est exactement ce qu'il faut. En pratique, j'avoue être un peu réservée sur l'utilisation d'un matériau plastique au-dessus du potager. Je me demande si certains d'entre vous utilisent ce type de voile depuis plusieurs années et quels retours vous en avez.
Sur les nouvelles pergolas, j'ai simplement recyclé deux anciens draps des gîtes devenus inutilisables à cause de taches. Ils procurent probablement un peu trop d'ombre, mais comme celle-ci se déplace au fil de la journée, cela reste acceptable. De toute façon, ce n'est qu'une solution provisoire.
L'objectif est que, d'ici une ou deux saisons, ces protections soient remplacées par une canopée végétale.
J'ai déjà planté plusieurs vignes, et je vais y ajouter un akébia, un jasmin officinal, probablement du houblon et un Schisandra chinensis. Chacune apportera ses services : une ombre légère, des fleurs pour les pollinisateurs, des fruits, des plantes médicinales ou de la biomasse.
Je ne sais pas encore si toutes ces idées fonctionneront.
Mais je suis convaincue d'une chose : face aux bouleversements climatiques, rester immobile n'est plus une option.
Observer, expérimenter, partager ce qui fonctionne... et aussi ce qui ne fonctionne pas.
J'espère simplement réussir à adapter mon potager, et le jardin dans son ensemble, un peu plus vite que le climat ne change. 🌿