10/02/2025
Saison 2, Épisode 8 : Médiocre et le Club des Mauvais Payeurs
Il était une fois, dans un paisible village ardéchois, un gîte exceptionnellement bien tenu, où l’on venait profiter du calme, des montagnes et d’un accueil chaleureux. Un gîte où les fêtes étaient tolérées, les chiens acceptés, et où l’hospitalité régnait en maître. Tout allait bien, jusqu’à ce qu’un groupe d’aventuriers en quête d’économie et de chantage à la compensation décide de faire son entrée.
Parmi eux, une figure émergea : Exigeancia. C’était une femme qui, bien que disposant de 27 couchages pour 19 personnes, d’un immense jardin privatif et d’une hospitalité sans faille, ne voyait que ce qui n’allait pas. Elle était accompagnée de Pasdebolus, qui s’offusquait de la lenteur du frigo, de Gratuitvorus, qui profitait de tout sans jamais dire merci, et du chef de la bande, Médiocre, dont la mission était de transformer chaque détail insignifiant en réclamation financière.
Le week-end avait pourtant bien commencé. Hospialda, la maîtresse des lieux, leur avait même permis une entrée avant l'heure et un départ bien après l’horaire prévu, sans demander le moindre centime en échange. Mais dès le premier soir, Exigeancia frappa à la porte, non pas avec courtoisie, mais avec la puissance d’un bélier enragé.
Dans la grande salle où Hospialda partageait un moment de détente avec Nathora et Pamélis, un silence tendu s’installa. Mais en un éclair, les trois amies se levèrent et foncèrent vers la porte. Nathora, vive et alerte, chercha immédiatement à comprendre la situation, tandis que Pamélis, posée et méthodique, tentait déjà d’apporter une solution pacifique.
"Il n’y a plus d’eau chaude !" hurla Exigeancia, réveillant au passage les âmes tranquilles du village.
Hospialda, flegmatique, vérifia immédiatement la situation. Trois ballons d’eau chaude pour un gîte où jamais personne ne s'était plaint en 18 ans. Après enquête, elle découvrit que toute l’eau chaude avait été utilisée avant 10h du matin, sans qu’aucun des aventuriers ne se demande si les autres allaient pouvoir se doucher le soir.
"Hélas, il faut attendre que les cumulus rechargent !" expliqua-t-elle avec patience.
Mais Exigeancia et ses acolytes ne l’entendaient pas de cette oreille.
"C’est inadmissible ! Vous nous devez de l’argent !" s’indigna Gratuitvorus, le regard fixé sur les 16€ qu’il avait osé débourser pour une nuit dans un palais.
Hospialda, excédée mais restant d'une sagesse royale, leur proposa une solution radicale : "Si vous êtes si malheureux ici, partez immédiatement. Je vous rembourse l’intégralité du séjour."
Mais là, mystère et contradiction ! Malgré l’absence d’eau chaude qui rendait leur vie si insupportable, personne ne bougea. Non, ils préférèrent festoyer jusqu’à 3h15 du matin, prouvant que l’horrible calvaire qu’ils subissaient était tout à fait vivable tant qu’il s’agissait de boire et de danser.
Puis, dans un élan de mépris royal, Exigeancia lâcha la phrase ultime :
"Pauvre dame."
Ah ! Si seulement elle savait à qui elle s’adressait… Hospialda n’était pas née de la dernière pluie et n’avait pas survécu à des années de batailles administratives, de clients de mauvaise foi et de bancs de transport pour se laisser démonter par une bande de radins hargneux.
Alors, dans un dernier souffle, Médiocre et son clan annoncèrent fièrement :
"Airbnb tranchera !"
Ils tournèrent les talons et quittèrent enfin la pièce. Hospialda, Nathora et Pamélis soufflèrent un instant, savourant le calme retrouvé… mais une autre tempête se préparait.
Car, dans l’ombre, un vent d’orage grondait : Zéphyros, qui jusque-là était resté silencieux, était en train de bouillonner.
"Bon, c’est réglé, maintenant je vais leur montrer la sortie pour de bon."
Nathora et Pamélis échangèrent un regard inquiet. Elles connaissaient ce ton. Zéphyros, d’ordinaire doux et discret, était passé en mode ouragan nocturne.
Hospialda, quant à elle, savait qu’il fallait agir vite. Pas question que ce spectacle se transforme en expulsion musclée.
D’un ton ferme et autoritaire, elle trancha net :
"Non, Zéphyros. On ne va pas faire ça."
Un silence tendu s’installa.
Il voulait protester, mais il croisa le regard de Hospialda. Il savait ce que ça voulait dire. Ce n’était pas une demande, c’était un ordre.
Il hésita, fulmina, mais finalement, recula d’un pas. La tempête s’était calmée… pour cette fois.
Les imposteurs festoyaient encore dans le gîte, inconscients d’être passés à deux doigts d’un réveil brutal sous les étoiles.
Hospialda, Nathora et Pamélis soupirèrent de soulagement.
Zéphyros, quant à lui, grommela dans sa barbe :
"La prochaine fois, je les mets dehors moi-même."
Car dans cette vallée, la médiocrité n’avait jamais le dernier mot.
À suivre…