27/07/2026
Ciel bleu, pas un nuage, pas la moindre trace de danger ici, à l’instant même. Et pourtant, on demande aux touristes de ne pas venir “en Gironde”, sans la moindre distinction entre les zones en feu et les zones épargnées.
Toute ma solidarité va aux sinistrés, aux évacués, à celles et ceux qui ont tout perdu — ça, rien ne doit l’éclipser. Mais une communication de crise qui ne fait aucune différence géographique, c’est une double peine qu’on inflige à des territoires entiers qui n’ont rien subi : des réservations qui s’effondrent, des emplois saisonniers menacés, une économie locale entière prise en otage par un message trop large.
De notre côté, on s’est investis à notre échelle : on propose remise et frais de service offerts aux sinistrés et aux personnes évacuées, en attendant d’être officiellement référencés dans le dispositif solidaire d’Airbnb. À titre personnel aussi, on a fait des dons, et mon mari est allé donner un coup de main sur le terrain aux côtés des agriculteurs mobilisés.
On aurait aimé pouvoir accueillir gratuitement sur nos dates libres, mais nos propres charges ne nous le permettent pas — et c’est bien tout le problème : la solidarité a des limites quand on doit aussi penser à l’après, à comment on tient sur la durée.
La prudence à court terme, oui, car la situation peut encore évoluer. L’alerte globale et prolongée sur des zones épargnées, sans nuance ni distinction, non.