29/05/2025
L’Histoire de l’Hôtel Beauséjour Colmar – Une saga familiale alsacienne depuis 1913
Au cœur de Colmar, l’Hôtel Beauséjour ne se résume pas à un bâtiment ou à une activité hôtelière. C’est une maison vivante, une mémoire de ville, un pan d’histoire porté par cinq générations d’une même famille alsacienne. Depuis plus de 110 ans, il incarne l’alliance rare entre tradition, hospitalité et modernité.
1913 – Les fondations d’un rêve : Marie, Berthe et Jean-Baptiste
L’histoire débute à la veille de la Première Guerre mondiale, en 1913. Marie Keller, épaulée par sa mère Berthe et son époux Jean-Baptiste, achète une maison bourgeoise au 25 rue du Ladhof, en périphérie de Colmar.
Ce choix est stratégique : à cette époque, la ville est en pleine expansion, et la rue du Ladhof constitue un axe de passage fréquenté reliant la campagne aux portes de la ville. On y croise artisans, colporteurs, voyageurs, tous à la recherche d’un lit, d’un repas ou d’un peu de réconfort.
Dans ce contexte, la famille Keller transforme cette grande demeure en auberge de charme, à taille humaine, où l’accueil chaleureux et la cuisine familiale font rapidement parler d’eux.
Sur le linteau de la porte d’entrée, les initiales de Jean-Baptiste sont encore visibles aujourd’hui, gravées dans la pierre comme un serment : celui d’un engagement durable envers les voyageurs.
De l’auberge à l’hôtel – L’après-guerre et la professionnalisation
L’établissement traverse les deux guerres mondiales. Durant ces périodes troublées, il sert parfois de refuge, parfois de point de passage, mais toujours de lieu de réconfort.
Après la Seconde Guerre mondiale, sous l’impulsion de Lucien Keller et de son épouse Odile, l’auberge évolue vers une forme plus professionnelle d’hôtellerie. Les chambres sont modernisées, la restauration s’adapte aux exigences d’une clientèle de plus en plus variée – touristes, représentants, familles de passage.
Dans les années 1960, la maison familiale devient officiellement l’Hôtel Beauséjour. Le nom évoque à la fois la promesse d’un "beau séjour" et l’idée d’une maison de villégiature paisible.
1972 – L’audace d’une jeune femme : Marie-Odile Keller prend les rênes
En 1972, à seulement 25 ans, Marie-Odile Keller, fille de Lucien et Odile, reprend seule la direction de l’hôtel.
Dans un monde de l’hôtellerie encore largement masculin, elle impose son style, alliant sens de l’accueil, rigueur de gestion et flair commercial. Elle inscrit l’hôtel dans le réseau Logis de France, un label qui valorise les maisons de caractère à l’hospitalité sincère et à la cuisine de qualité.
En 1992, elle supervise une vaste campagne de rénovation. L’hôtel s’agrandit, les chambres sont rénovées, l’espace vert devient un jardin où l’on peut prendre le petit déjeuner aux beaux jours. Le restaurant trouve aussi une nouvelle identité, conjuguant raffinement et convivialité.
Une transmission moderne – La cinquième génération prend le relais
Au fil du temps, c’est sa fille Marie-Caroline qui se prépare à la relève, accompagnée de son époux Stéphane Rousset.
Tous deux ont à cœur de préserver l’âme du lieu tout en l’adaptant aux attentes d’une clientèle contemporaine : climatisation dans toutes les chambres, bornes de recharge pour véhicules électriques, connexion Wi-Fi performante, espace vélo sécurisé, chambres familiales, suites modernes...
Ils s’inscrivent dans une hôtellerie durable, humaine, enracinée dans son territoire et tournée vers l’avenir. L’esprit de famille demeure central : beaucoup de clients réguliers viennent depuis plusieurs décennies, et certains se souviennent encore des premières générations Keller.
Aujourd’hui – Un havre de paix à deux pas du cœur de Colmar
Situé à 10 minutes à pied du centre historique, l’Hôtel Beauséjour offre une oasis de tranquillité, avec ses 40 chambres climatisées, son jardin arboré, son restaurant baigné de lumière, et surtout cette chaleur humaine propre aux maisons habitées par l’histoire.
Il ne s’agit pas d’un hôtel impersonnel. C’est une maison de famille qui vous ouvre ses portes, avec un sourire, un regard sincère et cette attention discrète que seuls les lieux habités par la passion savent offrir.