12/11/2019
Comment réduire à néant 10 années de succès ?
La Métairie Montplaisir a ouvert ses portes en Mai 2011 et s’est hissée année après année parmi les plus belles chambres d’hôtes de France, plébiscitée aussi bien par les média nationaux (Le Figaro Magazine, Midi gourmand, Gala) qu’internationaux (Meilleure hôte iescape de l’année 2017, Birgit) et ses clients (9.9 sur Booking.com, 5/5 sur Trip Advisor).
J’ai subi 3 inondations, Mars 2011 juste avant mon ouverture, Février 2017 et finalement celle du 15 Octobre 2018 qui a eu un écho national par son ampleur. J’ai travaillé d’arrache-pied pour remettre ma maison en état à chaque fois en moins de 6 semaines et reprendre mon activité.
Etant donné la récurrence des inondations et l’aggravation des niveaux constatés (en 2018 1.7m vs 80cms les fois précédentes) ma maison a été sélectionné par le Fonds Barnier pour un rachat suivi d’une destruction.
La Métairie Montplaisir s’est donc éteinte le 17 Septembre 2019.
Si l’Etat met en avant le principe de sécurité pour justifier cette expropriation, il ne prend absolument pas en considération la violence du processus.
Je suis la seule entreprise qui va devoir mettre la clef sous la porte à cause de cette inondation et depuis 7 mois je me bats pour que l’administration veuille bien m’entendre.
La proposition de rachat qui m’a été faite est 30% inférieure à celle de mes voisins, ne prend pas en compte l’intégralité de mes terrains, ni mon fonds de commerce.
Mes tentatives de discussion avec la Préfecture de l’Aude et la DDTM ont été vaines, je me suis retrouvée face à de hauts fonctionnaires qui semblaient découvrir mon dossier, et cela malgré les nombreux courriers recommandés que je leur ai envoyés.
Je leur demandais simplement de réévaluer leur offre pour qu’elle soit économiquement acceptable et comparable à celle de mes voisins.
L’ironie de cette situation est que la mise en place de la procédure lourde d’expropriation, une fois que la procédure à l’amiable a échoué, coûtera sûrement beaucoup plus cher à l’Etat que ma demande de réévaluation.
A l’aube de mes 50 ans l’Etat essaye de me priver de 10 années de dur labeur ou j’ai investi 20 ans d’épargne en ayant travaillé dans le monde entier pour un grand groupe de communication publicitaire, et celle de mes parents, tout cela sans la moindre empathie, ni humanité avec ma situation.
Je suis une femme courageuse, forte du succès de nombreux projets à l’étranger et en France, qui élève seule ma fille de 8 ans, qui prend soin seule de mes parents, et je n’ai nullement l’intention de baisser les bras et la voix contre un Etat froid, distant, et incohérent.