10/06/2026
Pensée du jour : 🌿🪶🦔
Chaque matin, sur la route du travail, je roule souvent la fenêtre ouverte. Non pour écouter la radio ou de la musique, mais pour écouter le monde vivant.
Les paysages sont là. Les champs, les haies, les arbres, les lumières du matin. Pourtant, quelque chose manque : le mouvement.
Je cherche les hirondelles et je me surprends à compter les quelques individus que j’aperçois. Je cherche les moineaux. J’écoute les champs, et le silence me paraît parfois plus grand qu’autrefois. Je n’observe que quelques corneilles, des buses ou des éperviers dans leur fameux vol stationnaire. Les perdrix, elles, ont pratiquement disparu de mes observations.
J’ai 48 ans et je ne peux m’empêcher de comparer avec les paysages de mon enfance. Sans enjoliver mes souvenirs, le monde me semblait plus animé, plus bruissant, plus abondant.
Il n’était pas rare de croiser un animal sauvage sur la route le soir. C’est, me concernant, devenu rare.
Peut-être que ce qui m’interroge le plus n’est pas ce qui disparaît, mais notre capacité à nous y habituer. D’une génération à l’autre, un peu moins de chants, un peu moins d’insectes, un peu moins de mouvement deviennent la nouvelle référence. L’absence se normalise.
Peut-être que la première étape consiste simplement à observer. À lever les yeux, à écouter, à remarquer ce qui est encore là autant que ce qui manque.
On protège mieux ce que l’on voit, et l’on voit mieux ce que l’on aime.
_Pensée d’une amoureuse du vivant. Le clos de la Ferranderie.