13/08/2026
Aujourd’hui, au refuge de la Molière, nous avons vécu une situation que nous n’aurions jamais pensé devoir affronter.
Après 14h45, la cuisine était fermée. Les personnes concernées n’avaient pas de réservation et, compte tenu du service qui s’était prolongé, nous avions dû fermer la cuisine. Mais plutôt que de laisser nos clients sans solution, notre aide-gardienne, responsable de la cuisine, leur a proposé de préparer une assiette de fromage.
Une solution simple, proposée avec bienveillance pour pallier leur frustration.
Après avoir mangé cette assiette, l’un des membres du groupe est pourtant entré dans la partie privée du refuge. Il s’est mis à hurler, à insulter notre salariée et à taper du pied. **Cette scène a été ponctuée de nombreuses insultes, de propos profondément irrespectueux et d’une attitude particulièrement agressive.** Il s’est approché à quelques centimètres de son visage, avec une gestuelle et un comportement qui ont suscité peur et effroi chez notre aide-gardienne.
La situation ne s’est malheureusement pas arrêtée là. Cet homme a ensuite pris un couteau dans la salle à manger et a saccagé une tarte aux myrtilles qui était destinée au service.
Face à cette violence et à la peur ressentie par notre aide-gardienne, nous avons refusé de préparer une nouvelle assiette salée. La personne est alors repartie sans régler ce qui avait été consommé.
Nous pouvons comprendre la déception. Nous pouvons entendre la frustration. Nous pouvons même accepter qu’un client ne soit pas satisfait.
Mais **nous n’acceptons pas la violence, les insultes, les intimidations, l’irrespect ou les comportements menaçants envers notre équipe.**
# # # Petit rappel : un refuge n’est pas un restaurant.
Nous accueillons, nous cuisinons et nous servons, mais notre travail ne s’arrête évidemment pas à la cuisine.
Nous faisons fonctionner et entretenons le bâtiment. Nous gérons la plomberie, l’électricité, les installations et les problèmes techniques. Nous nettoyons, nous rangeons, nous portons. Nous devons également gérer et redescendre des quantités importantes de déchets et de matériel.
Nos approvisionnements sont particuliers : nos denrées ne sont pas disponibles à volonté et nos stocks ne sont pas illimités. Chaque produit doit être anticipé, transporté, stocké et géré avec attention.
Le travail en refuge est un travail **physique, polyvalent et exigeant**. Il y a la cuisine, bien sûr, mais aussi tout ce qui permet au refuge de fonctionner au quotidien, avec son lot d’imprévus, de contraintes techniques et de fatigue.
Alors oui, il peut arriver que la cuisine ferme à une certaine heure. Qu’un plat ne soit plus disponible. Qu’une demande ne puisse pas être satisfaite. Qu’un problème technique vienne perturber le fonctionnement du refuge.
Cela ne signifie pas que nous ne voulons pas accueillir ou faire plaisir. Cela signifie simplement que nous travaillons avec les contraintes bien réelles d’un refuge de montagne.
Nous avions installé, suite à une réflexion d’équipe, un panneau sur cette terrasse pour rappeler que nous ne tolérons **ni sexisme, ni racisme, ni homophobie, ni validisme**.
Je ne pensais pas devoir rappeler que cela vaut également pour toute forme de violence, d’intimidation et d’irrespect.
La montagne est un espace de partage. Un refuge doit rester un endroit où l’on peut se sentir en sécurité — **y compris celles et ceux qui y travaillent.**
Alors oui, nous continuerons à accueillir avec le sourire. Nous continuerons à proposer des solutions quand cela sera possible.
Mais nous poserons aussi une limite claire : **la frustration ne donne jamais le droit de faire peur à quelqu’un, encore moins de l’insulter, de l’intimider ou de prendre un couteau pour saccager ce qui est destiné au service.**
À nos salariées et salariés : vous avez le droit de travailler sans être insultés, menacés ou intimidés.
Et à toutes les personnes qui fréquentent nos refuges : merci de vous souvenir qu’il y a toujours un être humain de l’autre côté du service, qui passe parfois une moins bonne journée que votre journée de vacances !
Un peu de compréhension, de patience et de respect font une immense différence pour celles et ceux qui font vivre ces lieux.
(Merci aux randonneurs présents pour leur soutient, merci d'avoir essayé de les rattraper -randonneur en noir- , merci aux collègues/voisins dans l'alpage pour leur présence qui sécurise)
Aucun propos classiste ou racistes MERCI