08/03/2022
Pour cette journée des droits des femmes, la ville a souhaité rendre hommage à une femme discrète au destin singulier : Marie-Amélie, mère du duc d’Aumale et dernière Reine des Français.
Fille de Ferdinand 1er, roi des Deux-Siciles, et de Marie-Caroline d’Autriche, sœur aînée de Marie-Antoinette et ennemie tenace de la Révolution, Marie-Amélie de Bourbon-Sicile naît en 1782 à Palerme.
Elle traversera l’un des siècles le plus agités et instable de l’histoire de France. Malgré les engagements politiques de sa mère, elle épouse en 1809 l’homme de son cœur, Louis-Philippe d’Orléans, ancien révolutionnaire et fils de Philippe-Egalité connu pour avoir voté pour la mort de Louis XVI.
Ensemble, ils règnent sur la France de 1830 à 1848, faisant d’elle la dernière Reine des Français. Tout au long du règne, elle préfère laisser la politique à son mari et reste dans l’ombre de Louis-Philippe puis de leurs fils.
L’histoire retient surtout d’elle une épouse aimante, une mère de 10 enfants attentive et une femme charitable. Pourtant derrière la femme dévouée se cache une femme intelligente, courageuse qui partage la même ambition que le Roi : sauver la monarchie et réunifier le pays.
A Chantilly, elle assure la gestion du domaine pour le duc d’Aumale lorsque celui-ci, alors âgé de 8 ans, hérite de son parrain le dernier Prince de Condé. Elle fait construire la chapelle Saint-Vincent de Paul, entre 1836 et 1837, au sein de l’Hospice Condé, pour remplacer celle datant de 1786.
Simple et dépouillée, selon la volonté de la reine, elle possède pourtant un beau plafond à caissons ornés de rosaces à fleurs tournantes et à feuilles d’eau. En 1841, la Reine Marie-Amélie fait don à la ville de la parcelle où est aménagé l’actuel cimetière Bourillon.
A la Révolution de 1848, Louis-Philippe abandonne le pouvoir et la famille part s’exiler à Claremont, au Royaume-Uni. Elle y mourra en 1866, à l’âge de 83 ans.