29/06/2026
Il y a des Hommes qui dirigent des entreprises.
Il y a ceux qui changent durablement le destin d’un territoire.
Alain Jacquier appartenait à cette seconde catégorie.
Avec sa disparition, ce vendredi 26 juin, Dijon perd bien plus qu’un grand hôtelier. Elle perd l’un de ses plus grands bâtisseurs, un entrepreneur visionnaire dont l’œuvre continuera à façonner notre ville pendant des générations.
Son parcours est une remarquable aventure entrepreneuriale.
À 18 ans, à la sortie de l’École hôtelière de Strasbourg, il reprend Le Central. Son père est décédé prématurément dans un accident d’avion. Sa grand-mère tient l’établissement, mais tout reste à construire.
Alain Jacquier prend des décisions que beaucoup auraient jugées risquées. Il transforme le restaurant gastronomique des Ducs de Bourgogne en rôtisserie-grill. Le succès est immédiat.
Lorsqu’il souhaite racheter les parts qui lui permettront de devenir l’unique propriétaire du Central, les banques refusent de lui faire confiance. Elles ne voient en lui qu’un jeune entrepreneur sans garanties.
Des décennies plus t**d, l’histoire prendra une saveur particulière : cet homme auquel les banques avaient fermé leurs portes deviendra président de la Banque Populaire de Bourgogne pendant 13 ans.
À partir du Central, Alain Jacquier construira, pierre après pierre, l’un des plus importants groupes hôteliers indépendants de France.
Les Mercure Hotels, Village Hôtels, La Cloche, puis des hôtels à Dijon, Beaune, Chalon-sur-Saône, Paris, jusqu’en Allemagne et en Australie…
Ce qui m’impressionnait le plus, pourtant, c’était son humilité.
Malgré son groupe hôtelier, il continuait à venir presque chaque jour au Central, son « bébé ». Il observait le service, saluait les équipes, échangeait avec les clients, veillait aux moindres détails. Il n’a jamais quitté le terrain. Même les soirs de réveillon, il endossait le rôle d’aboyeur au passe.
Alain Jacquier était un hôtelier avant d’être un investisseur.
Un homme qui savait que derrière chaque chambre, chaque repas, chaque accueil, il y avait des femmes et des hommes qui faisaient vivre une maison.
Il disait souvent qu’il n’aurait rien accompli sans ses collaborateurs.
Alain Jacquier a créé des milliers d’emplois. Il a incarné l’excellence de l’hôtellerie bourguignonne. Mais il laisse surtout un héritage de valeurs à toute la famille Jacquier, qui poursuit aujourd’hui cette remarquable aventure entrepreneuriale.
Merci, Alain Jacquier. Vous avez donné sa chance au jeune lycéen que j’étais, en m’offrant mes premiers extras à l’Hôtel Mercure Dijon - Restaurant et Traiteur Le Château Bourgogne. Je ne l’ai jamais oublié.
Mes pensées les plus sincères accompagnent Patrick, Caroline, Anthony, l’ensemble de la famille Jacquier ainsi que tous les collaborateurs du Groupe Jacquier, qui perdent aujourd’hui bien plus qu’un dirigeant : un repère, un guide et un homme qui a consacré sa vie à sa passion. 🙏🏻✨
Vincent Harbulot