10/08/2026
La lecture inspire à voyager, je vous laisse découvrir le post de notre PDG.
Belle semaine!
332ème dimanche du temps extraordinaire
« Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe, calme et volupté. » Charles Baudelaire, l’Invitation au Voyage.
J’aime voyager.
Pourtant je voyage peu. Je prends l’avion une fois par an, toujours pour des impératifs professionnels. Je suis agent de voyages et l’un des rares à ne plus avoir de passeport.
Mon esprit est toujours en balade. Si j’aime voyager, j’aime encore plus lire. Lire est un besoin vital pour moi. La lecture est un autre voyage, permanent et sans frontières.
Certains livres ont fait beaucoup pour le tourisme. Pensez au Da Vinci Code et à l’engouement qui en a suivi pour découvrir Paris et le Musée du Louvre. Dommage que la plupart des visiteurs se limitent à aller voir la Joconde… Même chose pour Rome avec Anges et Démons ou encore Florence, Venise et Istanbul avec Inferno. On ne voit plus jamais ces villes de la même façon. Le lecteur de Dan Brown ira à Saint-Sulpice plutôt qu’à Notre Dame…
Qui n’a pas cherché le Golem de Meyrink dans les rues du Vieux Prague ? Qui n’a pas cru voir l’ombre du vent au détour d’une rue de Barcelone ? Ou le fantôme de l’opéra à l’une des fenêtres de l’Opéra Garnier ? Tous ces souvenirs écrits, construits, inventés, rêvés, donnent aux lieux visités une dimension sur-naturelle…
Voyage à plusieurs dimensions, dans le temps et l’espace. Là où voyage dans le passé se décline en tourisme de mémoire. Les ruelles londoniennes chargées de smog de Conan Doyle ou l’Angleterre médiévale de Ken Follett… La liste des voyages possibles est sans fin.
Dans le temps et l’espace, avec les récits des grands explorateurs. L’un de mes premiers livres, emprunté à la bibliothèque de mon école primaire, était un récit de Paul-Emile Victor. Pendant longtemps j’ai rêvé de découvrir ces déserts de glace. J’avais même envisagé de faire mon service militaire aux Kerguelen. Ces livres qui nous marquent pour toute une vie et qui suscitent des vocations. Un jour peut-être, et déjà grâce à Jean-Paul Kauffmann…
Ou les déserts de sables, sur un chameau avec Théodore Monod ou à la recherche de la sagesse avec Lawrence d’Arabie. Ou alors avec Pierre Boulle et son Archéologue ? Encore mieux, autodérision : moquons-nous avec Pierre Loti des touristes qui découvrent l’Egypte avec Thomas Cook, au début du XXème siècle…
Un billet pour Utopia avec Thomas More ? Un voyage en Absurdie avec Ionesco ? Tuons le temps en attendant Godot… L’imagination n’a pas de limite, même pas le ciel. Jules Verne nous a envoyés sur la Lune, un siècle avant Kennedy et Hergé… Les Indes Noires, un autre livre du collège, un autre voyage au centre de la Terre. Il nous reste tant de voyages extraordinaires à vivre, et pas toujours loin de chez nous…
Une pérégrination locale est possible aussi. Faisons le tour de ma chambre avec Joseph de Maistre. Ensuite, petit tour de jardin avec Alphonse Karr. Là l’esprit s’évade sans franchir les frontières de chez soi. Belle semaine et bons voyages à tous !
Post-scriptum : Cela me revient maintenant, comme un souvenir qui remonte à la surface. C’était aussi l’un des premiers livres que j’ai lus, et qui m’a marqué : les Disparus de Saint-Agil de Pierre Véry. A la fin il manque encore un dernier enfant, non retrouvé. Mais tout va bien : l’histoire se termine sur une carte postale venue des Amériques. A-t-il terminé son voyage ?