04/03/2017
Créée en 1825 par la générale de Boulnois, qui a réalisé là une importante opération immobilière au moment de l’expansion de ce quartier, la cité Bergère est inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques depuis le 9 octobre 1990. Cette création urbaine du règne de Charles X est une des plus originales de la Restauration.
Le calme qu’il y règne aujourd’hui ne laisse pas imaginer que lors des journées de décembre 1851 du coup d’état de Napoléon Bonaparte, la Cité Bergère connut des heures noires puisque y furent entreposés là des dizaines de cadavres victimes de la répression…
A l’origine passage fermé la nuit, disposant de trottoirs (innovation pour l’époque) et de réverbères, la cité Bergère relève du style néo-classique le plus élégant. Chaque entrée de la cité s’ouvre par un passage voûté (celle donnant sur la rue du Faubourg-Montmartre est ornée de beaux caissons sculptés de rosaces).
Au 1bis fut implantée en 1887 la Compagnie Française d’Eclairage Electrique dirigée par Edison, qui permit à Paris de devenir «ville-lumière» lors de l’Exposition Universelle de 1889.
Il n’est pas étonnant que dans cette voie paisible la plupart des immeubles soient des hôtels de tourisme ayant gardé leur ordonnance de baies cintrées sur entresol et leurs chapiteaux ioniques.
Les entrées sont souvent agrémentées de gracieuses marquises en fonte datant de la Belle époque, comme celle du n°4 malheureusement en mauvais état..
Beaucoup de personnes illustres au XIXe siècle y résidèrent, dont le fabriquant de porcelaine Weil (famille maternelle de Marcel Proust) en 1828, et au n°3 Heinrich Heine, le poète romantique allemand, en 1837.
Chopin y habita brièvement une chambre au n°5, de juin 1832 à juin 1833, alors qu’il commençait sa carrière parisienne.
Dans cette cité, se trouvent aussi les sorties de service du Théâtre des Nouveautés et du Palace.
Aujourd’hui au n°18 de la cité, un bistrot à vins… et à chansons, «Au Limonaire», perpétue la tradition des goguettes du début du XIXe siècle.
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