12/04/2021
En ce mois, le dicton du jardinier de nature est " En avril, le gazon ne se tond pas d'un fil " .
En effet, de nombreux insectes trouvent ainsi abri dans une pelouse riche d’espèces variées, de façon la plus invisible pour le jardinier qui, en général, ne remarque pas cette présence.
Ainsi, la fétuque ovine, une graminée qui entre dans la composition de nombreux gazons pour sa résistance à la sécheresse, peut, à l’ombre et dans la finesse de ses feuilles, nourrir jusqu’à 20 espèces de papillons et autres insectes, à condition bien sûr que les lieux n’aient pas été traités.
En Grande-Bretagne, l’entomologiste Jennifer Owen a effectué un suivi de la diversité dans son petit jardin bio pendant trente ans. Elle y a recensé plus de 2 000 espèces d’insectes, dont quatre nouvelles pour la science !
La diversité botanique d’un gazon habité par une flore diversifiée offre alors le gîte et le couvert à une petite faune variée, pour peu que le passage de la tondeuse ne les incommode pas. D’autant que la méthode pour rendre les lieux encore plus vivants est plutôt de tout repos pour le jardinier, puisqu’il suffit de moins tondre, moins arroser et moins fertiliser.
Bien entendu, il ne s’agit pas de transformer la pelouse en friche ! Une tonte effectuée de façon judicieuse consiste à surveiller de près le développement de l’herbe pour ne procéder que lorsque c’est nécessaire. Vous pouvez, par exemple, mesurer la hauteur des brins : à 10 cm, une tonte s’impose sous huit jours dans les endroits les plus passants, quinze jours ailleurs.
En outre, avec le changement climatique, la croissance de l’herbe a tendance à se concentrer sur les mois de printemps. C’est donc la période sur laquelle il vaut mieux canaliser ses efforts.
N’apportez plus d’engrais car cela encourage de toute façon l’herbe à pousser.
Quelle que soit la taille de votre jardin, la biodiversité y a toute sa place. Surtout qu’elle sait aussi réserver de jolies surprises.
C’est le cas avec les orchidées, des élégantes qui aiment les pelouses pauvres, souvent calcaires et fuient donc les beaux tapis verts trop soignés. Elles s’installent ainsi en deux ou trois ans dans un gazon peu entretenu et non fertilisé.
Effectuez tardivement la première tonte, et, observez votre gazon a la recherche d'une rosette (les feuilles de la base). Leur arrivée se voit en fin d'hiver.
Alors, quelle récompense !
A Saint Lunaire, le jardin du presbytère "bio-divers-cité" en est l'exemple, avec depuis 3 ans, la présence d'une belle colonie d'orchis bouc qui fleurira cet été. La nature, école de la patience.
Demain sera autre, il sera ce que nous en ferons....