23/05/2024
Ma rencontre avec les abeilles
Il y a deux jours, je montrais fièrement notre jardin à Alain, un ami de Paris, venue découvrir notre mode de vie. En faisant le tour du jardin, je fus touchée de stupeur devant un essaim d’abeilles qui s’était formé dans une haie chez nous.
Je suis partie comme une flèche, en courant, prévenir John. Mon souhait, d’avoir des abeilles avait été exaucé.
Cette année, je souhaite vraiment avoir deux ruches chez nous.
Nous avons planté nombre d’arbres pour elles, des massifs de fleurs et laissons une grande partie de notre lopin de terre plus sauvage, sans y couper l’herbe afin qu’ elles aient de quoi butiner.
Nous avions deux ruches et une ruchette d’occasion ainsi qu’un habit de cosmonaute et un livre sur le sujet. Faute de temps, de priorité dans notre projet et aussi de motivation, pour nous lancer dans cette nouvelle aventure, les ruches était restées dans le garage et mon habit dans la penderie.
Mais il y a deux ou trois semaines, j’ai eu envie de m’arrêter au magasin de jardinage pour acheter de la cire d’abeille destinées aux rayons et les mettre dans la ruchette afin d’attirer à nous un essaim. Ce sont finalement des fourmis qui y ont fait leur nid…
Après avoir fait, cette surprenante découverte, à laquelle je ne croyais pas, j’ai mis un mot sur notre groupe de voisins/copains du collectif pour demander de l’aide. Jeremy m’a répondu et donné de précieux conseils pendant que John (en bon ingénieur) à essayer de monter une des ruches et de fixer la cire, sur les cadres en bois.
C’est moi, qui ai enfilé l’habit blanc de protection et des gants en cuir. John ayant déjà été attaqué par un essaim, il se sentait donc moins à l’aise pour le faire.
Je me suis doucement approchée de ces êtres fascinants , tout en leur parlant avec le cœur. J’ai déposé un drap blanc près du buisson où elles étaient avant d’y mettre ma ruche.
Je me suis approchée de leur nid suspendu. Tenant d’une main la branche, le sécateur dans l’autre, j’ai coupé la branche où était accrochée l’essaim, dont une partie est malheureusement tombée au sol.
J’ai délicatement posé mon précieux trésor sur la ruche ouverte. Les abeilles ne semblaient pas trop déboussolées. Rapidement, après un autre essaim, (probablement avec la reine) s’est reformé dans le buisson. Pendant ce temps, je suis restée à proximité et je les observais. De nouveau, j’ai coupé la branche pour la présenter à la ruche, et j’y ai vu la reine, qui est bien plus grande que ses précieuses ouvrières.
J’aime le bourdonnement qu'elles produisent. Le calme intérieur, presque méditatif, c’est imposé à moi, malgré leur agitation à elles afin de s’organiser de nouveau.
L’essaim, ne semblait pas faire attention à ma présence, comme si je faisais partie intégrante de leur tout. Je pense que j’aurais pu les manipuler sans protection.
Étonnamment, à ma propre surprise, je me sentais dans mon élément, à ma juste place, comme reliée à elles.
J’ai fermé la ruche une fois assurée que la reine y était bien. Puis j’ai transporté le tout dans la remise ouverte accolée à la maison, à l’ombre, suivant les conseils de Jérémy. Pendant que j’avais la ruche dans mes bras, j’ai ressenti une chaleur contre moi. Quelle étrange et merveilleuse sensation.
Nous nous sommes rendus compte, que le réducteur d’entrée de la ruche était installé à l’envers. Nous nous sommes absentés 10 minutes pour faire une recherche : comment corriger notre erreur ?
À notre retour, plus aucune abeille n'était dans la ruche. Elles étaient toutes parties par un espace laissé.
Quelle déception après cette immense joie ! J’en aurais pleuré, tellement j’étais déçue… Il me semblait que j’avais rêvé de ce moment.
Il faut bien se l’avouer, nous n’étions pas encore tout à fait prêts pour accueillir un essaim d’abeilles chez nous, dans nos ruches et surtout dans de bonnes conditions. Nous avons encore beaucoup à apprendre.
Il est important de comprendre et tenir compte de nos erreurs.
Nous avons passé la soirée à faire des recherches pour savoir comment au mieux s’occuper de ces hôtes si particuliers et avons fait quelques achats d’équipements complémentaires.
C ‘est le cœur lourd que John et moi, nous nous sommes endormis, mais la passion du monde fascinant des abeilles venait de germer en nous.
Cet après-midi, au premier rayon de soleil , nous sommes allés poser nos deux ruches sur des parpaings. Nous les avons mises chacune dans un coin du terrain. L’une placée dans la haie ou l’essaim sauvage était. L’autre, près de la vigne, dans un coin plus abrité. J’espère que de nouvelles reines des abeilles et leur cour d’ouvrières viendront rapidement les habiter.
Cette rencontre avec le monde fascinant des abeilles, m'a littéralement subjuguée.
Je pourrais passer des heures, à observer les interactions entre elles et leurs ballets autour des massifs fleuris et des ruches.
J’espère que mère nature, nous offrira le plaisir d’accueillir chez nous un ou peut être deux essaims d’abeilles. Mais surtout, j’aimerais qu’elles se sentent aussi heureuses chez nous, que nous le sommes.
Un autre monde s’ouvre à moi, avec la rencontre avec cette colonie d’abeilles, si précieuses à la vie sur terre pour nous tous. À leur contact, je me suis sentie bien et en communion avec leur règne.
Merci à ses ouvrières de nos jardins, sans qui la vie ne serai pas ce qu’ elle est.
Nina Mai 2024