12/10/2026
Après la mise en place d’un dispositif municipal pour recueillir les paroles lycéennes dans les MJC et les maisons de quartier, j'ai reçu hier, avec mes collègues Gaëlle Rougier et Nadira Dera Illa Salifou, une délégation d’une vingtaine de jeunes de différents établissements rennais.
J’en sors vraiment impressionnée.
Pas surprise par leurs constats, ni leurs revendications.
Nous les connaissons, puisqu'ils les expriment depuis longtemps, comme les enseignants d’ailleurs, et que c’est le fruit d’un abandon de l’école publique et de la priorité éducative depuis plusieurs années.
Mais impressionnée par leurs propos si structurés, matures, conscients.
L’exigence de pensées très construites, de réflexions poussées.
À 15, 16 ou 17 ans, ils ont posé tranquillement des principes politiques solides - de la relégation fondée sur la ségrégation scolaire, aux discriminations qui enferment, en passant par les impasses du libéralisme ou l’indispensable action climatique.
Impressionnée par la qualité du dialogue.
Près de 2h de parole respectée, écoutée, partagée.
Le débat public a tellement à en apprendre.
Impressionnée par cette convergence, par-delà les établissements, les quartiers ou les milieux.
Et toute cette solidarité, sans même se connaître.
Solidarité non seulement entre eux, mais aussi avec les générations futures, dont ils se sentent responsables — eux.
La voilà leur attente la plus forte : ils veulent changer les choses.
Pas de manière cosmétique, avec quelques pansements qui seraient posés sur une plaie béante. En profondeur et durablement.
“Qu’on arrête de vouloir boucher les trous avec des petits cailloux... Qu’on bâtisse sur de la roche, solide.”
Le premier pas pour changer les choses est énoncé comme une évidence.
Supprimer Parcoursup.
Et puis abroger la réforme Blanquer, consacrer plus de moyens à l’éducation pour des classes moins chargées, des professeurs remplacés, des accompagnements individualisés notamment pour l’orientation, des bâtiments entretenus...
Unanimité pour évoquer une répression autoritaire du mouvement.
Les témoignages pleuvent.
La peur, le désarroi, l’indignation face à certaines interventions policières.
C’est là leur première demande : faire stopper sans délai ces violences, parfaitement illégitimes dans un Etat de droit.
Je me suis engagée à porter, plus fort encore, leurs voix auprès des autorités locales et nationales. On ne répond pas aux attentes sociales par un dispositif policier. Encore moins quand on s’adresse à des mineurs.
Désarroi partagé de ne pas se sentir écoutés.
Manifester, bloquer, c’est nous disent-ils aujourd’hui tout ce qui leur reste comme moyen d’expression. Pourtant, ils ont tellement à dire, à proposer.
Ils demandent avec force la garantie de temps de parole dans les lycées et en dehors.
Alors que l’avenir n’a sans doute jamais été si menaçant, je suis surtout impressionnée par ces jeunes qui donnent un formidable espoir.
Malgré l’angoisse et la fatigue d’un monde abîmé par d’autres, ils ont envie de contribuer à bâtir des lendemains plus justes.
Merci infiniment pour la richesse de cet échange.
Et merci à toutes les équipes pédagogiques et dans les structures de quartiers, qui écoutent et accompagnent tout au long de l’année. Merci aussi aux collègues élus qui se mobilisent à leurs côtés.
Les interpellations seront faites ces prochains jours, les dispositifs de recueil des paroles pérennisés et le travail continue.
Vous pouvez compter sur moi.
N’en déplaise à Rimbaud, comme à ceux qui instrumentalisent et caricaturent : on est très sérieux quand on a 17 ans .
Alors prenons les jeunes comme tels, au sérieux.
MJC Suède
MJC Bréquigny
MJC Grand Cordel
SPSF
We KER
Tour d'Auvergne
Antipode
Clair détour
Les Cadets de Bretagne
Maison de quartier Bellangerais
Karrez
Maison des Squares
Maison de quartier Villejean
Maison Bleue
360 (4BIS)
Cercle Paul-Bert
Maison de quartier Francisco-Ferrer
Sunset 357