20/01/2026
Pendant que t’as des mecs qui fument des joints en scooter sur des ronds-points sans plaque et qui repartent avec un smiley sur le procès-verbal, t’as Lionel Candelon, agriculteur, syndicaliste, et coupable d’aimer encore un peu la terre de ce pays, qui se retrouve déféré au tribunal à 14h comme si c’était un braqueur récidiviste. Faut dire qu’il a osé commettre le crime suprême : bloquer un rond-point avec des tracteurs. L’horreur. Le chaos. La menace républicaine ultime : une botte de foin sur le macadam. Et bim, garde à vue, menottes, déféré comme un délinquant pendant que les autres, ceux qui te siphonnent les comptes publics à la pompe en or massif, se font masser les chakras au Sénat.
Mais attends, c’est pas fini. À peine le temps de digérer le traitement VIP façon GIGN pour Lionel que BAM, deuxième épisode. Luc Mesbah, FDSEA 31, placé lui aussi en garde à vue. Même motif, même punition : avoir voulu faire entendre la voix de ceux qui triment pendant que la France regarde des tutos feng shui pour survivre à la hausse des œufs. Deux gardes à vue, deux leaders syndicaux, et toujours la même méthode. Tu lèves la tête, tu la prends. C’est ça, le message. Tu veux bloquer un rond-point ? Tu finis entre quatre murs. T'es agriculteur ? Tu veux juste que ton taf ait un sens ? Tribunal, garde à vue, tribunal, pas touche au ronron gouvernemental.
Et pendant ce temps-là, au rayon politique, ça tremble pas du menton. Non, eux, ils appellent ça faire respecter l'ordre. T'imagines ? Des tracteurs, des gens en bottes, des types qui ne comprennent plus pourquoi leur lait leur coûte plus cher à produire qu’à vendre, et là-haut, au chaud dans leurs bureaux climatisés avec distributeur de madeleines et cafés gratuits, on décide que c’est dangereux. Alors on frappe. Et pas un petit rappel à la loi gentil comme pour les vrais nuisibles, non. Une procédure judiciaire qui claque comme une punition d’État. Fallait pas faire c***r la République.
Donc aujourd’hui, 14h, Lionel passe devant le tribunal. C’est pas un appel à manifester. C’est un appel à ouvrir les yeux. À être là, devant, debout, pour qu’ils sachent qu’on regarde. Et qu’on oublie pas. Pas besoin de hurler, ni de casser, ni de faire peur. Juste être là. Pour qu’ils voient que ce pays n’est pas qu’une statistique sur Excel. Qu’on est pas dupes. Et qu’on a encore assez de fierté pour se pointer en silence quand ils pensent qu’on est à genoux.
Ils veulent faire un exemple ? On va leur en donner un. Pas celui qu’ils attendent. Un exemple de solidarité. Un exemple de calme. Mais surtout, un exemple de ce qu’il se passe quand tu touches à ceux qui font pousser ce qu’il reste de bon dans ce pays. La colère est là, froide, posée, plus dangereuse qu’ils ne l’imaginent. Et elle commence aujourd’hui, au tribunal.
Alors venez. Et si vous pouvez pas, partagez. Parce que pendant que certains s’enchaînent pour sauver des pandas, ici on devrait peut-être commencer à s’enchaîner pour sauver ceux qui nous nourrissent. Ça fera pas une belle story Insta. Mais ça pourrait, pour une fois, servir à quelque chose.