17/02/2021
France et les îles ioniennes, brin d’histoire
Selon le journal Le Monde dans un article intitulé « L’influence française aux îles ioniennes » du 22 août 1953 : « le souvenir de dix années de présence française, qui devaient non seulement laisser une profonde empreinte dans l’esprit des populations mais encore contribuer puissamment au réveil de l’hellénisme et mouvement qui prépara la libération de la Grèce ».
" Les îles Ioniennes sont plus intéressantes pour nous que toute l'Italie ensemble " écrivait Bonaparte au Directoire le 25 mai 1796 ayant entrevu l’effondrement de l’empire ottoman et cherchant à s’assurer une base stratégique qui aurait permis à la France de disputer aux Russes et aux Anglais une succession en déshérence.
Par la suite l’article du Monde souligne : « Jamais les troupes françaises n’avaient reçu meilleur accueil » aussi « C’était en effet l’esprit de la Révolution Française qu’elles apportaient avec elles : il ranimait des aspirations étouffées pendant des siècles, mais jamais éteintes ».
Dans le même article: « Céphalonie, Ithaque et Zante. Autant de noms qui parlaient au cœur et à l’imagination de l’élite française » Il y a même une citation du bon Moreri concernant la population de Céphalonie, selon laquelle : « a naturellement de la bravoure et beaucoup d’esprit ».
À l’époque de la Révolution Française, Venise avait déjà perdu sa puissance commerciale mondiale à cause surtout d’un déplacement du cœur économique mondiale de la Méditerranée à l’Atlantique.
La France s’était attribué au traité de Campo-Formio, signé par Napoléon Bonapart, les sept îles ioniennes en 1797. Les Départements français de Grèce désignent les trois départements créés sous la Première République en 1797. Céphalonie appartient alors au département d’Ithaque dont le chef-lieu était Argostoli et incluait, outre Céphalonie, Leucade Ithaque, Préveza et Vonitsa.
Mais la domination française n’a pas duré. En 1799, les îles seront érigées en une « République des Sept-îles» placée sous protectorat russe.
Ensuite, en 1806, vu qu’Ali Pacha de Janina songe à s’emparer de l’archipel Ionien, Napoléon propose au Tzar Alexandre Ier son alliance en échange des îles ioniennes. Le Tzar n’est pas contre, et les îles ioniennes reviennent à la France en 1807 sous le Traité de Tilsit.
Pourtant Ali Pacha n’abandonne pas son projet de conquérir les îles. Néanmoins, en 1809 c’est les Britanniques qui succèdent aux Français pour gouverner les îles jusqu’en 1864, année où les Sept îles s’intègrent à la Grèce.
Quoi qu’il en soit, les idées de Lumières dans les îles Ioniennes ont été soutenues par la présence des Français qui défendaient l’idéologie de la Révolution. Plus concrètement, en cette époque, dans les îles Ioniennes, Il y a eu une vague de réaction contre le féodalisme et la structure sociale rigide (libro d’oro). Dans cette même période on a reconnu la valeur d’un système politique démocratique tant qu’élément structurel des Lumières Grecques en synthèse avec le système démocratique Athénien.
Par ailleurs, en cette même période d’influence française, parallèlement aux idées de la nation et de la conscience nationale se développe la conscience de la notion de « peuple » à l’inverse de l’idée de « popolo » qui mettait le peuple dans une position inférieure par rapport à la noblesse privilégiée.
Dans l’ensemble, l’influence française a aidé les Sept îles à franchir le pas vers la phase suivante de leur histoire, a renforcé la classe moyenne et a promu les idées de Lumière et les valeurs de la Révolution Française.